Ce qu’il faut de talent pour exceller dans cet exercice d’équilibriste qu’est le dessin de presse… Une chance pour nous ses lecteurs, il semble que de jolies fées toutes en générosité se soient penchées sur le berceau de l’ami François Gaulon, Glon de son nom de plume. Non content de nous régaler de ses œuvres à fréquence quasi stakhanoviste sur sa page Facebook et dans la presse, l’infatigable croqueur de « la bêtise des puissants et de l’absurdité de la vie moderne » les a compulsées pour la période 2015 à 2016 dans un Carnet de groggy que l’on vous recommande chaleureusement.
De groggy aux carnets
Caricaturiste dès la cour d’école, le petit François se dirige naturellement vers des études d’art avant d’entrer en publicité où il servira 30 années durant. Mais un mercredi de janvier 2015 les attentats de Charlie Hebdo laissent tout un peuple et notre François complètement groggy. Catharsis salvatrice, manifeste pour la liberté d’expression : Glon reprend crayons et carnets.
Choc de l’actualité, fausse légèreté du trait
Satiriques (et tantôt satyriques), raillant politiques de tous bords et personnalités au cœur de l’actualité, les dessins de Glon font mouche et c’est sans peine que l’on s’esclaffe. Mais derrière l’apparente joyeuseté du trait rond, des couleurs vives et des calembours, c’est bien l’actualité dans ce qu’elle a de plus choquant et les puissants dans ce qu’ils ont de plus petit qui sont dénoncés.
Et là où Glon nous séduit davantage encore, c’est lorsque le dessin se mue en véritable tableau et suscite au-delà du rire des émotions complexes. Lorsqu’il témoigne de notre résignation à n’être qu’un Homme… ou de l’absurdité de notre propension à vouloir être bien plus.
Complètement GLON, Carnets de groggy 2015-2016
Par Glon
76 pages, 18€
A commander via la page Facebook de Glon
Glon nous fait l’honneur de signer les salivants éditos du Mag 247 et les dessins d’humeur 247% Périgord Agenais qui ouvrent chacun de nos numéros. Et de temps en temps, c’est pour les Vins de Bergerac et Duras qu’il sort les crayons, comme ici à l’occasion de la sortie du tome 24 de la série de polar Le Sang de la Vigne.
